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 will the circle be unbroken △ rhyme

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Jeu 4 Déc - 23:34







RHYME & ZERO
#CE9494
& I WANNA FIGHT BUT I CAN'T CONTEND THIS MUST BE LOVE I CAN'T PRETEND
WORK SONG

James est mort.
T'étais restée longtemps face contre terre à t'le répéter encore & encore, ce jour là - bien après que Sébastien & Sora ne s'en soient allés. A frapper le sol de tes poings jusqu'à t'écorcher les phalanges, à te cogner la tête contre le bitume en espérant qu'tu finirais par taper suffisament fort pour qu'elle explose ; à hurler comme une damnée jusqu'à ce qu'ta voix se brise une bonne fois pour toute. A te demander comment tu pouvais encore sentir ton coeur battre dans ta poitrine alors qu't'avais l'impression qu'on te l'avait arraché, piétiné - brisé. T'avais envie d'pleurer d'vomir & puis surtout, surtout d'crever ; & pour de bon. Tu les avais regarder s'en aller, tous les deux ; t'avais vu le regard qu'ils se lançaient l'un l'autre - c'genre de regard que tu poserais plus jamais sur personne. Plus personne - c'était exactement ce qu'il te restait.

T'avais cru mourir, ce jour là.
& dieu sait que tu l'avais espéré.

•••

Une fois de plus, tes espoirs avaient été déçus. C'est ça, la première chose que tu t'es dite quand t'as ouvert les yeux ; pitié pas encore. La dernière fois qu'tu t'es réveillée, tu savais pas ; tu savais plus dans quoi tu t'embarquais t'avais oublié qu'la vie n'avait jamais été tendre avec toi - mais maintenant, tu t'souvenais. Y'avait pas d'espoir pour les gens comme toi y'en aurait jamais ; t'étais destinée à cultiver l'espoir jusqu'à ce qu'il périsse de lui-même, à tenter en vain d'recoller les morceaux comme à chaque fois - mais t'avais plus envie, putain, t'avais plus envie. Alors t'es là, tu regardes tes mains écorchées & tu t'demandes pourquoi ; pourquoi t'es toujours celle qui doit survivre quand tout l'reste autour s'fait décimer - amours & amitiés en première ligne.

Mais c'était pas l'pire encore ; ça, c'était avant qu'tu réalises, avant que toute l'horreur de ta situation n'se rappelle à ton bon souvenir. C'était rien de plus qu'un malaise distant, un espèce de mal-être insidieux qui s'tapit dans l'ombre sans qu'on sache vraiment pourquoi - alors, naturellement, t'avais fait c'que tu faisais à chaque fois qu'ça allait mal, à chaque fois qu'tu sentais que tes névroses passées reprenaient prise ; tu t'étais tournée vers James.

& ta main n'avait heurté que le vide.
Ta main s'était refermée sur des draps froids, là où tu t'attendais à trouver un peu d'chaleur humaine auprès de l'homme que t'aimait plus que tout - & puis, tu t'étais souvenue.
James est mort.

T'avais même pas eu l'temps de crier - tu t'étais étouffée dans tes sanglots avant même d'avoir pu hurler ta peine exorciser cette douleur qui te prenait aux trippes. & t'avais jeté aux alentours un regard d'animal blessé, furtif mais suffisant pour t'rendre compte que tu ne connaissais pas cet endroit qu't'avais pas la moindre idée d'là où t'avais pu atterrir & qu'de toute façon ça n'changeait rien, parce que tu n'manquerais désormais plus jamais à personne ; t'étais seule, & personne n'allait venir te chercher.

Tu t'étais redressée d'un coup en envoyant valser les couvertures ; & la douleur t'avais sciée en deux. Sora, t'as soufflé entre tes lèvres - & c'était fou d'voir à quel point sa seule évocation suffisait à te faire trembler de tous tes membres. Sora & Sébastien, Sébastien & Sora ; cette plaie ouverte cette blessure à vif cette douleur fantôme qui t'poursuivait & que t'avais échoué à éliminer pour de bon, encore une fois. Ces putain d'monstres. Tu laisses ta tête basculer contre l'oreiller, & c'est à ce moment là que tu distingues une silhouette dans l'encadrure de la porte - & tu te surprends à prier qu'ils soient revenus t'achever. Il t'faut quelques secondes encore pour réaliser que non, que la vie ne te fera pas ce plaisir ; ce mec là, tu ne le connais ni d'Eve ni d'Adam, & t'as pas la moindre idée de ce qu'il te veut.

- Je n'sais pas qui vous êtes, tu laisses tomber d'une voix blanche, je n'sais pas c'que vous voulez, tu lèves les yeux vers lui, & tu sanglottes ; mais vous auriez du m'laisser crever là où vous m'avez trouvée.

& tu te recroquevilles de nouveau sous les couvertures en essayant vainement de retenir tes larmes ; comme si t'en avais quelque chose à foutre d'sauver l'honneur, au point où t'en étais. Ils l'ont tué. Il est mort.
Oh, pitié - faites que quelqu'un t'achèves.



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Ven 5 Déc - 0:45




••is a better home awaiting, in the sky, in the sky

Tu l'avais ramassée à la nuit tombée, inconsciente dans une ruelle crasseuse. Ce que tu avais remarqué en premier, c'est le sang qui avait giclé sur son chemisier ; une véritable constellations d'étoiles écarlates qui indiquait aux quelques passants curieux qu'il serait certainement plus avisé de ne pas lui chercher noise. Elle donnait l'impression d'avoir rampé sur quelques mètres, ou plutôt d'avoir été traînée dehors comme un sac d'ordures dont on aurait souhaité se débarrasser - cependant, si faible qu'ait été son souffle, elle respirait. C'est seulement après l'avoir tirée sans autre forme de procès sur le siège passager de ta splendide voiturette électrique que tu avais reconnu son visage ; ces traits que tu avais si souvent entrevus dans les souvenirs de James Winchester, ceux-là même qui avaient été les plus retors. Les plus religieux d'entre nous affirment que la coïncidence n'existe pas, qu'il n'est que providence & fatalité : tu as beau n'avoir jamais réellement accordé de foi à quoi que ce soit, a fortiori à un concept aussi nébuleux que celui du destin, c'est avec une complaisance presque révérencieuse que tu avais décidé d'en être l'outil.

Tu t'étais occupé d'elle de la même façon que tu l'aurais fait pour n'importe quelle autre créature aussi malheureuse et/ou l'article de la mort soit-elle. Tu lui avais préparé une chambre propre, confortable & tiède à souhait, avait bandé au mieux les plaies invisibles que tu devinais à travers la peau, puis tu t'étais plongé dans sa mémoire - dont tu t'étais extirpé presque aussitôt. A vrai dire, tu n'as jamais été particulièrement friand de tragédies ; à quoi bon te mêler de celles des autres ? Tu avais tâtonné à l'aveuglette, suffisamment longtemps pour déterminer les circonstances de ce que tu avais baptisé son petit accident & découvrir son nom, et tu avais décrété que ça suffisait amplement. De fait, c'est sans grande inquiétude que tu avais attendu qu'elle émerge de son état pseudo-comateux, aérant régulièrement la petite chambre d'amis dans laquelle tu l'avais installée - un jour, deux.

•••

Trois.
C'est debout dans l'encadrement de la porte, appuyé au chambranle avec une désinvolture soigneusement étudiée, que tu observes ton invitée avec une rare intensité ; tu t'attendais à ce qu'elle se réveille un peu plus tôt dans la matinée, mais après tout, mieux vaut tard que jamais. Lucide, elle te paraît aussi hostile que désespérée - & un tantinet terrorisée, aussi, ce qui serait vraisemblablement aussi ton cas si tu étais victime d'une sévère hémorragie interne et que tu te réveillais dans le lit d'un parfait inconnu (non pas que tu aies profité de l'aubaine d'avoir une créature de rêve évanouie entre tes draps. A vrai dire, cette idée ne t'avait même pas traversé l'esprit. Tu n'as jamais réellement compris l'intérêt des plaisirs de la chair). Je n'sais pas qui vous êtes, je n'sais pas c'que vous voulez. Tu hoches solennellement la tête, tant pour appuyer ses affirmations que pour te donner l'air sérieux, ce dont tu n'as malheureusement jamais été capable. Mais vous auriez du m'laisser crever là où vous m'avez trouvée. Voilà qu'elle pleure, à présent ; pas de soucis. Tu es un professionnel, toi, tu as la solution à tous les problèmes d'ordre technique - chagrins, gestations douloureuses, épisodes traumatiques.

"- Petit-déjeuner ! annonces-tu gaiement en brandissant le plateau que tu avais déposé à l'entrée, dans un équilibre relativement douteux - une véritable montagne de crêpes pour la demoiselle (tu as supposé que ce n'était pas son estomac qui avait été touché, parce que sinon, elle ne serait probablement plus de ce monde. Et jouer à la belle au bois-dormant, ça creuse. Enfin tu crois. T'as jamais essayé), & un assortiment de confitures digne d'une vieille dame à la retraite pour couronner le tout. Je commençais à me demander si je n'aurais pas mieux fait d'appeler un hôpital. Mais je n'aime pas beaucoup les médecins. J'ai toujours l'impression qu'ils vont m'assommer et me voler ma rate, ou allez savoir quoi d'autre. Tu t'approches avec prudence, comme tu l'aurais fait pour un chien blessé, déposant ton offrande sur la table de chevet. Vous avez dormi si longtemps que j'ai vaguement envisagé que vous puissiez être en hibernation. Mais vous n'avez pas tout à fait l'aspect d'un ours. Tu souris, t'accroupissant à son chevet pour tapoter le matelas, faute d'oser t'en prendre directement au sommet de son crâne. Allons, allons. Ce n'est pas si terrible. Aucun problème ne vaut la peine de mourir, vous savez."


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Ven 5 Déc - 23:37







RHYME & ZERO
#CE9494
HOPING ONE DAY YOU'LL MAKE A DREAM LAST MAYBE ONE DAY YOU'LL UNDERSTAND WHY EVERYTHING YOU TOUCH SURELY DIES
DON'T TAKE YOUR LOVE AWAY

L'angoisse te prend aux trippes tout d'un coup - & si t'étais incapable de crever ?
T'en avais déjà réchappé une fois, après tout, sans que personne ne sache vraiment pourquoi - mais après tout, qui s'en souciait ? Une ombre de plus dans les rues, une âme en peine de moins ; quelle différence ? Comme Sora avait su te l'cracher à la gueule avec l'art & la manière, tout l'monde s'en fichait. Personne pour s'pencher sur ton cas personne pour s'y intéresser suffisament, pas même toi. Alors c'était peut-être bien ça, peut-être que t'étais condamnée à l'errance ; à renaître encore & encore, mais bien loin d'en être grandie - non, toi t'en sortirais jamais que décadente, un peu plus à chaque fois.

Tu secoues la tête en gémissant - alors c'est comme ça ? Un beau jour t'ouvriras les yeux, & puis adieu souvenirs traumatismes affects ? Tu laisses échapper un cri étranglé - tu n'veux pas oublier James tu n'veux pas oublier tout ça ; même Sébastien même Sora même tout l'reste tous ces heurts toutes ces tragédies ; tu veux t'souvenir que l'espoir est mort qu'l'espoir t'as trompée, qu'l'espoir n'fait pas vivre, oh non - il tue à petit feu. Tu refuses de t'faire avoir de nouveau ; t'as déjà assez donné dans les causes perdues, & au final qu'est-ce que t'y auras gagné ? Un coeur en miettes & des souvenirs en filigrane, une douleur sourde dans ta poitrine & le regard triste d'une femme qui aurait vécu cent ans. Ce même regard que tu tardes sur l'inconnu appuyé contre la porte - lui a les yeux rieurs de celui qui ignore tout de la vie & d'ses ressorts sordides. & ça te donne envie de l'étrangler.

L'un des pots de confiture qu'il t'avait gentimment apporté vient exploser contre le chambranle, à quelques centimètres à peine du visage de ton hôte - & tu l'regrettes aussitôt quand tu sens une douleur familière te lancer le bas-ventre, t'arrachant un cri étouffé.

- J'sais pas qui vous êtes, mais vous êtes malade, tu lui lances, fulminante. Vous n'savez rien, RIEN DU TOUT, tu t'mets à hurler, des trémolos plein la voix, vous n'savez pas qui j'suis vous n'savez pas c'qui s'est passé vous n'savez RIEN & tu viens enfouir ton visage dévasté par les larmes entre tes bras, alors pitié, épargnez moi votre laïus & dites moi simplement c'que vous m'voulez.

Aucun problème ne vaut la peine de mourir, hein ? Mais est-ce que t'as déjà été amoureux, est-ce que t'as déjà aimé quelqu'un au point qu'son absence ne t'fasse suffoquer ? Est-ce que tu sais au moins d'quoi tu parles, putain, est-ce que tu sais c'que j'ai fait est-ce que tu sais combien j'suis monstrueuse ? Est-ce que t'as la moindre idée d'à quel point j'ai merdé, est-ce que tu l'sais tout ça ? Elle est bien jolie ta petite morale, & elle ferait sûrement sourire les gosses - mais la vraie vie c'est pas comme ça, mon pauvre ; parfois, dans la vraie vie, crever c'est l'mieux qu'tu puisses faire - & parfois même, c'est bien tout c'que tu mérites.

- Il est mort, tu sanglottes, il est mort à cause de moi j'aurais du être là si seulement j'avais été là il- & ta voix se brise sur un hoquet, c'est d'ma faute tout est d'ma faute tout est toujours d'ma faute.

Sora a trop pleuré pour toi, et maintenant il va pleurer à cause de toi. Ta faute.
Je tuerai James parce que c'était un père pour Sora, un ami pour moi malgré tout. Aujourd'hui c'est un traître parce qu'il t'a rencontré. Ta faute, ta faute, ta faute. Est-ce que t'avais déjà été capable de t'attacher sans mentir d'apprécier sans trahir d'aimer sans meutrir - ou est-ce que c'était là tout c'que tu savais faire ; détruire détruire & encore détruire ?
C'était drôle, quand t'y pensais ; tout c'que t'essayais de préserver finissait par retourner à la poussière - mais qu'est-ce qu'on pouvait dire de toi ? Toi qu't'avais passé ta vie à essayer d'anéantir ; que ce soit en te droguant en buvant en t'faisant planter un beau soir de février - toi, la seule chose à laquelle tu n'avais jamais vraiment tenu. Au final, & à ton plus grand dam, t'étais bien la seule qui parvenait à t'survivre.



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Sam 6 Déc - 1:50




andthenyoulives lived will live, dies died will die.

Ton invitée n'a pas l'air d'être une grande adepte de l'hakuna matata.
C'est sans grand émoi que tu l'observes s'emparer d'un pot de confiture de myrtilles et l'envoyer valser contre le mur - c'est l'geste d'une enfant qu'on aurait privée de son jouet, d'une femme à bout d'ressources mais pleine d'une vitalité franche & saine qui t'arracherait presque un nouveau sourire si tu n'étais pas si occupé à paraître scandalisé. Si tu as appris une chose à force de fréquenter des canidés, c'est qu'il faut éviter autant que possible de céder à leurs caprices ; si un petit lévrier italien refuse la nourriture, alors il est de ton devoir de lui administrer de force. Tu commences vaguement à caresser l'idée de lui enfoncer une crêpe dans la bouche lorsqu'elle te répond enfin, ressassant indéfiniment la même rengaine : je ne sais pas qui vous êtes. Oui. Elle le saurait certainement si elle avait jugé approprié de te poser la question au lieu de s'apitoyer sur son sort à grands renforts de larmes & de porcelaine cassée - mais vous êtes malade. Un point de vue intéressant, en considérant le fait qu'elle est celle qui vient tout juste d'émerger d'un coma de près de trois jours, sujette à une abominable hémorragie interne et à de multiples lésions dont tu n'as pas été capable de déterminer l'origine. Passons.

Vous n'savez rien, rien du tout, vous n'savez pas qui j'suis vous n'savez pas c'qui s'est passé vous n'savez rien.

Ton regard s'illumine une fois de plus ; d'cette étincelle de malice qu'on lit dans les yeux des enfants qui s'apprêtent à jouer un bon tour à la figure d'autorité supposée les maîtriser. Oh si, tu sais - tu sais même exceptionnellement bien, de quoi lui faire ravaler son insolence (et, avec un peu de chance, le petit-déjeuner en prime). Il te suffirait d'un instant pour t'approprier des souvenirs auxquels elle-même n'a plus accès depuis des années ; d'ces fragments d'enfances rendus flous par le temps, qui s'effacent peu à peu jusqu'à disparaître définitivement. Bien entendu, tu n'as pas pour habitude de t'immiscer aussi loin dans l'intimité des inconnus - inconnus qui, de fait, ne le sont plus tout à fait. Il te suffit souvent d'effleurer la surface pour déterminer les zones douloureuses et, le cas échéant, les remodeler à ta guise. Épargnez moi votre laïus & dites moi simplement c'que vous m'voulez. Tu jettes un coup d’œil perplexe à ton interlocutrice d'infortune qui, de toute évidence, semble décidée à sangloter jusqu'à mourir de déshydratation ; ce qui, entendons-nous bien, ne ferait pas du tout ton affaire. Tu n'as que très peu d'intérêt pour les cadavres. Ce que tu lui veux ? Mais pourquoi diable voudrais-tu quoi que ce soit d'une prostituée à l'article de la mort complètement hostile à la confiture de myrtille ? A l'entendre, on pourrait presque croire que tu ne l'as ramassée que dans l'optique de demander une rançon à sa famille, ou pire, d'obtenir ses faveurs (Rhyme, l'abominable kidnappeur de filles de joie, bientôt dans la rubrique criminelle de votre marchand de journaux). Tu as du mal à intégrer le concept - après tout, toi, tu n'as fait que ton travail. Tu aurais réservé le même traitement à un raton-laveur asthmatique ou à un moineau blessé ; parce que si tu t'en abstiens, qui le fera ?

Il est mort, il est mort à cause de moi j'aurais du être là si seulement j'avais été là il. C'est d'ma faute tout est d'ma faute tout est toujours d'ma faute.

Tu soupires profondément, happant une crêpe sur le côté de l'assiette afin de la tartiner copieusement de - tu ne sais pas trop quoi, à vrai dire. Mais c'est rose. Ça plait aux femmes, le rose. Il paraît. En tout cas, toi, tu trouves ça plutôt joli ; au diable la dualité du genre & ses multiples conventions ! Cette couleur serait idéale pour la façade de ta villa. Il faudra absolument que tu fasses part de cette idée à tes parents, lors de leur passionnant coup de téléphone hebdomadaire (tu les suspectes d'appeler exclusivement pour vérifier que tu n'as pas encore fait exploser la maison. A moins qu'ils ne craignent que tu ne finisses broyé dans l'estomac d'un alligator, ce qui, à vrai dire, a bien failli arriver plus d'une fois déjà).

"- Avez-vous déjà envisagé qu'il puisse vous arriver d'avoir tort sur toute la ligne ? Tu saisis précautionneusement le plateau, le déposant sur le parquet, hors de portée de la fureur vengeresse de ta vis-à-vis. Parce que vous savez, c'est le cas. Tu lui adresses un second sourire candide, indifférent à ses larmes. Ne vous-a-t-on jamais appris que les apparences sont souvent trompeuses, mademoiselle Zero ? Tu secoues la tête. Cependant, je dois admettre que vous avez raison sur un point. C'est bien de votre faute si votre pauvre petit ami a voulu se faire sauter la cervelle. Tu arques un sourcil réprobateur dans sa direction, comme si tu grondais un animal récalcitrant. Ce n'est pas très agréable d'être trahi par ceux en qui on a le plus confiance. Mais vous le savez déjà, j'en suis convaincu. Tu t'étires paresseusement. Maintenant, vous allez manger ça, ordonnes-tu en lui tendant ton offrande, parce que si vous ne mangez rien vous n'en saurez pas plus, et vous finirez certainement par mourir dans l'indécision la plus totale. Vos pleurs et vos éclats de colère ne changeront pas ce qui est, voyez-vous. Et ce qui est, en l’occurrence, c'est que vous vous trompez."


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