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 We all deserve to die ; Sora mon petit fripon.

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Ven 8 Aoû - 22:06


FEAT. SORA KITSUE
1193 MOTS

Cette ville est une immondice, un coin crade où se réunissent les cloportes pour se baigner dans leur merde et ingurgiter les déchets que les dirigeants de ce système corrompu leurs balances à la gueule. Et c’est pas plus mal, parce que sinon cette ville n’aurait pas le moindre intérêt. Tokyo c’est une bombe. Une grosse, une énorme bombe qui demande qu’à recracher toutes les saloperies qu’elle a en elle et pas uniquement pour vous éclabousser le visage avec des merdes pour vous faire une blague. Nan, Tokyo c’est une grosse bombe qui renferme un cancer. Un cancer à échelle mondiale et qui provoquera une épidémie splendide, qui sèmera la mort sur son chemin et qui se nourrira des cadavres des pecnos, des avocats et même des chefs du gouvernement. On contrôle pas une maladie, à la limite on peut la diriger, la cibler, mais pas en limiter l’ampleur. Et au final, elle nous absorbe tous. Ouais, cette ville c’est quelque chose de foutrement dégueulasse, ça empeste et c’est ça qui est drôle. Ce qui est drôle c’est que malgré le degré de puanteur de l’odeur, du moment qu’on a pas les deux pieds dedans, on cherche pas à se débattre. On se casse pas la voix, on reste fixer sur son petit poste de télévision à regarder les mêmes branleurs nous balancer les mêmes conneries encore et encore. On prend un visage outré quand on nous dit que quelque chose de mal est fait, on ferme les yeux sur ce qui est bon parce que ça nous permet pas d’ouvrir notre gueule sur les réseaux sociaux parce qu’être heureux ça nous permet pas de nous faire remarquer. Ils pensent que les gens s’battent pour être heureux ? Moi j’pense plutôt qu’ils s’battent pour être le plus malheureux, comme ça on trouve une justification aux actes les plus immondes. Parce que la chose la plus dégueulasse ici, ça reste l’être humain.

Et te voilà Néron, à te balader sans la moindre fantaisie dans cette ville si folle qu’elle t’avait rendu lucide. Cette ville que tu idolâtres tellement parce qu’elle t’as apporté quelque chose que tu pensais ne plus jamais revoir : un spectacle. Des gangs, un système, des entreprises qui gardent le monopole de l’économie, des combats dans des caves et des morts. Tout ceci ça devrait te ravir, non ? En tout cas, c’est ce qu’en dit ton sourire satisfait quand tu commences à maquiller ces corps à la rigidité propre à celle d’un mort. Ou alors, c’est peut-être parce que t’as utilisé un cutter pour te façonner ce petit sourire indélébilement accrocher à ton visage d’être humain crasseux ? Tu étais clown parmi les porcs et tu cherchais à faire rire le roi des porcs, cette tête coupé et poser sur un plateau en argent, se laissant sucer ses imperfections par ces pathétiques mouches qui cherchent en cet acte une manière d’exister ou de devenir le roi des mouches. Mais une mouche reste une mouche et un porc reste un porc alors, toi qu’est-ce que tu es ? T’es la ficelle de la grosse bombe à cancer et t’as besoin de trouver du feu, parce que sinon y’aura pas d’explosion. Et l’explosion, c’est la chute de la blague.

Tu regardes les rues comme tu regardes le système, il suffirait d’un simple souffle pour que tout s’envole et laisse place à des ruines sanglantes. Tu t’amuses à imaginer les tueries qui ont dû se passer rien que dans cette ruelle. Un mort ? Des dizaines ? Le plus amusant, c’est que le résultat de tout ça est sûrement déjà passé sous ton maquillage méticuleux et tes doigts de pianiste. Tu es un musicien de la mort, à défaut d’être le chef d’orchestre de la vie. Le bruit de tes chaussures qui claquent contre le goudron humide brise le silence de la ruelle vide. Sûrement à cause de l’heure tardive ou de ton apparence qui ferait peur à plus d’une personne, faut dire que t’as le talent de rendre n’importe quelle situation encore plus glauque. Finalement, tu arrives à destination. Sifflotant, d’un pas léger et dansant, tu t’approches de la porte d’une maison. Ta main gantée s’approche joyeusement de la porte pour y taper plusieurs fois, formant un « dindindin dada dindin ». Quand je vous dis que c’est un virtuose ? Tu attendais patiemment que la personne en question t’ouvre la porte, parce que c’est ce qui se passe dans ta tête. C’est la scène qui se répète dans ta tête depuis que tu as quitté les pompes funèbre pour te glisser dans la vie d’un innocent et en faire une boulette de viande que t’allais balancer au visage de Tokyo comme provocation genre « vas-y explose, tu fais peur à personne espèce de suce-cannelle. ». Mais t’avais pas choisis cette personne au hasard, non non non monsieur. Tout faisait partie du plan. Allez, on va dire que c’est le plan « BOUM ». Et dans le plan « BOUM », il nous faut des bombes. Et même si c’est pas commun, voilà ta première bombe qui ouvre à la porte. En réponse à cette ouverture de porte, ton large sourire, ton visage beaucoup trop blanc pour être normal et des yeux qui trahissent tes intentions malsaines. ─ SALUT MON BRAVE ! T’AURAIS DEUX MINUTES POUR QU’ON PARLE DE DIEU ? J’SERAIS PAS LONG. JE RENTRE ET JE SORS. Comme ça. Sans même vraiment lui laisser le temps de comprendre la situation, le flingue que tu cachais plus bas crache le feu et traverse l’abdomen du jeune homme, l’envoyant au sol. Tu avais utilisé un silencieux, bien sûr. Pas pour ne pas faire de bruit, simplement parce que tu trouves le bruit d’un silencieux bien plus rigolo qu’un simple « pan pan ». Ça fait film américain. LE PROBLEME C’EST QU’AVEC TA GUEULE T’ES UN PEU LOIN DE BRAD PITT, HAHA. Bon, on est pas là pour rigoler, au boulot mon gars.

Sans la moindre pression, tu pénètres dans la maison par la porte qui avait été laissé entrouverte, enjambant le gamin agonisant au sol avec ses trois balles dans l’abdomen. Tu retires ta veste et la laisse tomber au sol. ─ T’as compris la blague ou pas ? Je rentre et je sors comme une balle qui rentre dans ton abdomen et qui ressort par ton dos, HAHA. Je me kiffe des fois, j’te jure.

Tu te laisses tomber sur les genoux pour glisser jusqu’au gamin et approcher ton visage du sien, déposant dans un même mouvement un chaste baiser sur le front de ta victime, à qui tu susurre quelques mots. ─ Ne pleure pas, ne pleure pas, papa est là. Je me présente, moi c’est Néron, même si le mien est plutôt pointu. « NEZ ROND » T’AS COMPRIS ? HOHO. ─ Pour ponctuer cette petite blague, tu attrapes fermement sa tête entre tes deux mains et lui cogne plusieurs fois l’arrière du crâne sur le carrelage froid. Tu reprends ensuite, toujours avec ce sourire malsain et ces yeux qui hurlent au meurtre et à la violence. ─ Je suis ici parce que j’ai besoin de toi, petit fripon.  
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Dernière édition par Néron le Dim 10 Aoû - 16:33, édité 2 fois
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CITATION : Il s'avança vers les tourteaux et posa une feuille ainsi qu'un stylo sur la table face au canapé.
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Dim 10 Aoû - 6:17



we all deserve to die
C'est ma musique spécial drama t'inquiètes mon frère • Il est triste de constater à quel point ceux qui autrefois étaient chers à nos cœurs perdent rapidement de leur réalité pour être réduits à l'état de souvenirs ; il suffit parfois d'un mot de trop pour déclencher d'interminables hostilités qui détruisent impitoyablement chacun des partis concernés. Les amitiés se lassent & les amours s'essoufflent, la colère s'apaise & la haine s'amoindrit. Les promesses qui un temps étaient une force retombent à l'état de belles syllabes jetées au hasard les unes à la suite des autres, et même les termes du plus passionné des serments finissent par être déformés, oubliés. On se rappelle des voix un an, des visages cinq, des prénoms dix, tout au plus - les jour passent & rien n'évolue, les règles de ce détestable jeu de survie que sont les relations humaines trahies depuis bien longtemps par tout un chacun. On dit que les temps changent : c'est un mensonge. Seuls les gens & les sentiments ne cessent de se transformer.

Dans quelques mois à peine, ce sera l'anniversaire de ta propre déchéance ; tu auras vingt ans. Qu'as-tu appris, cette année, Sora ? Qu'as-tu appris sinon à détester ton prochain & à blesser tes semblables, qu'as-tu accompli qui vaille la peine d'être gardé en mémoire ? Beaucoup de sang versé, beaucoup de coups échangés avec ceux que pourtant, tu appréciais ; des heures passées à bander des plaies qui ne cicatriseront jamais, à souffrir, à pleurer. Tu ne regrettes pas. Tu ne regrettes rien alors, dis-moi, pourquoi est-ce que tu souffres autant ?

Les monstres sont faciles à reconnaître : ils ressemblent à n'importe qui.
Ils se cachent parmi les plus innocents dans d'entre nous, tapis dans les replis de nos vices les plus douloureusement humains - l'ingratitude, la jalousie, la colère. Le visage de la mort est multiple, impérissable de par sa constante métamorphose ; sa main putréfiée effleure le front des nouveaux-nés qui déjà rampent en direction d'une fin certaine, étrangle ces vieillards croulants qui s'endorment tous les soirs avec la peur de ne plus se réveiller. Tu la sens, toi aussi - tu la sens se refermer sur ta gorge tous les jours un peu plus depuis des semaines, tu la sens qui alourdit l'atmosphère & qui doucement commence à t'empoisonner, tu la sens, juste là, partout. Pourtant dans une certaine mesure à présent tout va bien, tout va mieux, la vie est belle ; la menace est permanente, quotidienne. Tu t'y es habitué.

Aujourd'hui, c'est un soir comme tous les autres - à l'exception du fait que Sébastien n'est pas là. Tu t'es tellement habitué à te réfugier dans son ombre au cours des six derniers mois que tu es désorienté par son absence, ne serait-ce que pour quelques heures ; tu sais bien qu'il doit travailler, que la détestable organisation à laquelle il appartient ne le libérera pas de sitôt - ou plus exactement, qu'elle ne le libérera jamais. Vous supportez tous les deux le poids de vos chaînes ; si tes entraves ne sont que psychologiques, elles n'en sont cependant pas moins étouffantes. C'est trop lourd, pour un gosse fragile & instable, trop lourd pour un gosse qui a assisté au déchirement de sa famille, qui a découvert le corps massacré de ce qu'il restait de sa meilleure amie, qui s'est fait torturer par des gens dont il ne savait rien, dommage collatéral d'une opération bien plus cruelle. Trop lourd pour un type comme toi : faible & lâche de par sa conception, rendu égoïste par la souffrance.

Il est tard. A travers les fenêtres de la maison étriquée dans laquelle, à vrai dire, il était très peu prudent de ré-emménager, tu ne discernes qu'à peine le ciel noirci, encombré de cumulonimbus relativement menaçants. Tu ferais certainement mieux d'aller te coucher, mais tu es tenu éveillé par les peurs nocturnes qui te dévorent de l'intérieur depuis longtemps déjà - tu es roulé en boule sur ton canapé inconfortable, t'efforçant de t'intéresser au programme diffusé sur le minuscule écran de télévision dont tu n'as jamais pris la peine de changer. C'est un polar, visiblement - et tu as déjà deviné la fin. C'est toujours la même chose, de toute façon : à l'instant précis où le spectateur s'attend à ce qu'enfin les choses aillent dans leur sens, le meurtrier frappe. Il suffit d'un pas de travers. Tu en as pris conscience depuis longtemps.

Un battement sourd t'arrache à ta contemplation ; on frappe à ta porte.
Tu soupires : il s'agit certainement de cette vieille voisine complètement folle qui, malgré un excellent suivi psychologique, est toujours persuadée qu'elle est en Mongolie et qu'une tribu de barbares a déshonoré sa yourte pendant qu'elle chassait les aliments nécessaires à la fabrication du tajine - ou une quelconque ineptie de ce gout-là. Tu n'es pas d'humeur à lui répéter une fois de plus que non, madame, vous êtes à Tokyo ici. Votre maison est à une dizaine de mètres. Je vais vous raccompagnez. Vous ne devriez pas vous aventurer seule dans le quartier, vous savez. De fait, c'est avec un certain désespoir que tu te lèves pour tirer le battant et lui ordonner poliment de te foutre la paix avant que tu ne la fasses enfermer.

C'est à l'instant où tu t'apprêtes à ouvrir la bouche que tu réalises ton erreur ; ce qui t'attend sur le seuil n'a rien d'une paisible grand-mère émigrée & un peu tarée. Tout d'abord, c'est un homme - ou, non, en fait. Ce visage ressemble si peu à celui d'un être humain qu'un instant, tu envisages la possibilité qu'il puisse s'agir d'un masque d'Halloween particulièrement bon marché. Ces yeux qui brillent trop & cette peau trop blanche & surtout ce sourire affreux, tu es certain de ne les avoir jamais vus auparavant & à dire vrai tu aurais bien aimé qu'il en soit toujours ainsi. Tu te paralyses sur place, passablement horrifié. Tu as l'impression d'être soudainement l'acteur principal d'un film d'horreur - et pas un de ces contes pour enfants où les démons finissent par être vaincus, non. Une de ces histoires qui tournent mal.

SALUT MON BRAVE ! T’AURAIS DEUX MINUTES POUR QU’ON PARLE DE DIEU ? J’SERAIS PAS LONG, dit-il d'un ton abominablement enthousiaste. Tu ouvres la bouche (tu voudrais lui répondre que non, merci, bonne journée monsieur, mais aucun son ne s'échappe de ta gorge), tes sourcils froncés. JE RENTRE ET JE SORS. Comme ça. T'as même pas le temps de réaliser ce qui est en train de t'arriver, que déjà, tu es de nouveau projeté en enfer - et plus précisément, projeté au sol, trois balles dans le ventre. T'aimerais hurler, mais t'arrives à produire rien d'autre qu'un couinement étouffé de chien qu'on étrangle et déjà t'es par terre ; et tu comprends pas. Tu comprends pas parce que ce type tu le connais pas tu l'as jamais vu alors pourquoi, pourquoi encore ? C'est pas les traqueurs, t'as un contrat. C'est pas James, il l'aurait fait lui-même. C'est pas Eldorado, ils s'y seraient mis à plusieurs. T’as compris la blague ou pas ? Je rentre et je sors comme une balle qui rentre dans ton abdomen et qui ressort par ton dos. Je me kiffe des fois, j’te jure. La douleur n'est même plus insoutenable - c'est la troisième fois en moins d'un an qu'on te tire dessus, et cette situation a la saveur poussiéreuse d'un plat réchauffé trop souvent au micro-ondes. Tu as mal, mais tu connais le mécanisme, tu sais pertinemment que tu n'en mourras pas. Tu es presque certain que ton agresseur le sait aussi. Il parle, mais ses mots te parviennent en écho, étouffés par le sang qui pulse contre tes tempes. Il te touche - tu sens ses lèvres décharnées se poser sur ton front et tu as envie de vomir tu as envie de vomir tu voudrais te débattre mais tu es plaqué au sol par ton affliction, comme un papillon toujours vivant qu'on aurait épinglé à un mur pour mieux le voir mourir. Ne pleure pas, ne pleure pas, papa est là. Je me présente, moi c’est Néron, même si le mien est plutôt pointu. NEZ ROND. T’AS COMPRIS ? HOHO. Néron. Ce nom t'évoque l'atmosphère lourde & sèche des salles de cours - un empereur romain réputé pour ses élans de sadisme & sa folie plus que contestée depuis, si tu te souviens bien. Parfait pour le malade dont la haute silhouette se profile au-dessus de toi ; il a saisi ta tête, et lorsqu'il la cogne contre le carrelage, tu émets enfin un cri - t'as l'impression que ton crâne va exploser & que ta matière grise va se répandre juste là, devant l'entrée, mais non, tu es plus résistant que ça. Tu penses à Sébastien. Tu voudrais qu'il soit là pour voler à ta rescousse. Mais t'es tout seul, maintenant. T'es tout seul. Je suis ici parce que j’ai besoin de toi, petit fripon.

"- Vous êtes... complètement malade, murmures-tu avec difficulté, ta respiration s'accélérant sans que tu puisses la contrôler. T'as mal, t'as peur, t'as pas envie que tout recommences tu mérites pas ça tu mérites pas ça tu mérites pas ça pas encore pas encore une fois pas encore je vous en prie. Le flux familier réchauffe ton abdomen, répare les tissus, calme la douleur - mais la panique est là, bien présente. Et elle t'étouffe. Tu voudrais te redresser, mais le monde tangue. T'as beau essayer, tu t'écroules instantanément. La chose est là, juste au-dessus de toi. Et elle te fixe. Laissez-moi. Tu gémis, une main crispée sur la blessure qui disparaît déjà. A quoi bon supplier, Sora ? Comme si ça suffisait. Allez-vous-en !"

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Dernière édition par Sora Kitsue le Dim 10 Aoû - 12:28, édité 2 fois
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Dim 10 Aoû - 10:23


FEAT. SORA KITSUE
1193 MOTS

Vous êtes… Complètement malade. Ça c’est le genre de phrase qui te fait bander, ça c’est le genre de phrase qui te fait prendre ton pied quand tu décides de d’occuper du cas de quelqu’un. Parce que dans quelques heures, peut-être même quelques minutes vu l’état de ce type, il allait se retrouver dans la même folie que la tienne. Alors tu continues de le regarder avec ce large sourire, souligné par les cicatrices au coin de tes lèvres, ce regard dément. Non c’est pas le genre de parole capable de t’atteindre, t’es plutôt du style à assumer ta folie et rentrer chez les gens pour mettre trois balle dans l’abdomen de celui qui t’ouvre la porte. Ouais c’est plutôt stupide, incohérent, violent et parfaitement gratuit. Mais c’est comme ça que fonctionne le monde, non ? Celui qui reste debout pendant que l’autre est au sol, c’est le premier à tirer. T’es pas spécialement plus fort physiquement que le mec en face de toi, c’est même probable qu’en simple face à face il soit capable de t’éclater le visage contre un mur jusqu’à ce que mort s’en suive. La différence, c’est que toi t’avais pas peur de tirer sur un innocent, t’avais pas peur de rentrer dans une pièce et d’égorger toutes les personnes dans la pièce. Pourquoi ? Parce que t’as le droit, pardi ! Comme n’importe qui a le droit de décider de la vie d’autrui, parce qu’on en est tous capable. Donc t’es peut-être un malade, oui. Mais qui est-ce que ça dérange ? Le monde est encore plus malade que toi.

Tu regardes son corps absurde se soigner des balles que tu venais de lui mettre, avec stupeur. C’était quoi ça ? Un pouvoir, lui aussi ? Décidément, les mutants y’en a partout. Enfin c’est plutôt logique, tu connais un peu le passé du gaillard en face de toi. Alors son pouvoir c’est de se soigner, c’est ça ? Absurde. Absurde. Comment savourer notre vie si on ne peut pas crever de trois balles dans le bide ? Comment on peut apprécier cette ville si on ne sort pas dans ses rues sans la peur de prendre une balle de manière tout à fait arbitraire ? Ce pouvoir ne te plaisait pas. Tu n’aimais pas ce pouvoir, car c’était quelque chose conçu pour protéger, soigner, sauver. Et tu ne pouvais pas l’accepter. Quelqu’un capable de réparer les jouets que tu casses ? C’est comme si on te privait de tout ce qui faisait tes blagues. L’espace d’un instant, tu perds même ton sourire et tu te mord la lèvre inférieur avec un visage qui se rapprochait du « tu devrais pas faire ça, c’est pas bien. ». Mais, ça ne dure que quelques instants et l’éclat de ton rire dans la pièce à en faire trembler les vases était tout ce qui suivait le soin de ses blessures, couvrant même la douce voix du jeune homme en pleine supplication. ─ Que je m’en aille ? Allons, c’est comme ça que t’accueille un vieux pote de lycée, Bobby ? Dit moi, c’était quoi ça ? T’es capable de te soigner, c’est ça ? Tu sais mon p’tit Bobby, moi j’aime pas ce genre de truc. T’es tranquillement sur une terrasse de café, tu bois ta petite grenadine et là tu vois quelqu’un D’AFFREUSEMENT MOCHE. Moi mon réflexe, c’est de lui mettre une balle dans la gorge. Ouais, ouais, j’suis un mec sympa. ET IMAGINE SI LA, LE MEC EST CAPABLE DE SE SOIGNER ? T’AS MEME PAS LE DROIT DE BUTER QUELQU’UN QUAND T’EN A ENVIE. Non, vraiment Bobby. J’aime pas du tout ça. Vivement, tu sautais à pieds joint sur l’endroit de la blessure de Sora, utilisant son ventre comme un trampoline pour passer au-dessus de lui. Tu avances lentement dans ce qui était visiblement l’entrée de sa maison, plutôt agréable à vivre. Même si la décoration, c’était pas vraiment ça. Tu attrapes un vase et le laisse s’écraser au sol, ton rire couvrant à nouveau le bruit de la porcelaine qui se fracasse au sol.

Tu te tournes vers ta charmante victime, qui devait encore se tordre de douleur. Après tout, même s’il était capable de se soigner, la douleur était toujours présente, nan ? Mais, cette sensation de plomb gâcher inutilement dans un sac de frappe auto-régénérant, c’était pas très agréable. Lentement tu glisses ta main dans la poche du gilet qui recouvre ta chemise blanche, en sortant un petit couteau non moins très tranchant. Tu aimes bien t’en foutre plein les mains avec les méthodes artisanales, t’as l’impression d’être proche de la plèbe. Tu t’approchais à nouveau de lui, à l’aide de quelques pas de danse, avant de t’accroupir habilement sur lui, attrapant ses cheveux d’une main ferme pour foutre ta lame sous sa gorge. ─ T’as peut-être raison Brandon, je suis peut-être un grand malade. HAHAHA. Mais la faute à quoi, la faute à qui ? Tu penses que des mecs comme moi, y’en a pas d’autre ? Nan, nan, t’es pas débile à ce point. Même si j’me tirais d’ici, là maintenant, ou même si tu arrivais on-ne-sait-comment à me buter, est-ce que t’es sûr que personne d’autre ne va passer par cette porte pour te coller trois autres balles ? Nan, nan, t’es pas débile à ce point. Tu veux mon avis, Lucien ? Le malade, c’est le système. Le système qui fait de nous ses pantins, qui nous impose des règles à suivre. Le monde est malade. Mais à la place, on dit que c’est nous les fous. T’y crois ça ? T’y crois ? Nan, nan, t’es pas débile à ce point. MAIS C’EST ÉNERVANT UN PEU, BRANDON. C’EST ÉNERVANT TU TROUVES PAS ? RÉPOND MOI BRANDON. C’EST PAS ÉNERVANT ?

Complètement pris dans ton discours sur l’analyse du monde pour les nuls, tu n’avais même pas remarqué que tu étais en train de charcuter l’épaule du gamin avec ta lame. C’était le problème avec toi, quand tu parles d’un sujet qui te passionne, t’as souvent tendance à t’emporter. Tu retirais ta lame de son épaule, haussant les épaules et accompagnant ce geste d’un petit « scuzi, j’ai paniqué. ». Si tu voulais faire le gros cliché de manga, tu pourrais même te mettre à lécher la lame de ton couteau, en bon gros vilain. Mais t’étais pas trop brancher par le sida et de toute façon, ça doit avoir un goût plutôt dégueulasse. C’est maintenant avec tes deux mains que tu attrapes sa tête, à nouveau, coinçant ton couteau entre ta main et son crâne et approchant ton visage du sien, pour qu’il puisse regarder grassement ton regard animé de cette petite étincelle anarchiste. ─ Regarde-moi dans les yeux, Sora Kitsue. T’as jamais eu envie de voir ce monde brûler ? T’as jamais eu envie de voir toutes les barrières voler en éclat ? T’as pas envie d’être libre et d’arrêter de subir ce système ? NANANAN. Laisse-moi formuler ça autrement. Est-ce que tu veux sauver les fous que nous sommes ?

Etait-il vraiment important de préciser que ton pouvoir était activer depuis le début de votre petite conversation ?
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Dim 10 Aoû - 14:33



we all deserve to die
DIFFERENT TRAINS • C'est juste là, à l'arrière de ton crâne.
Une toute petite voix, insidieuse & détestablement aiguë ; semblable au crissement de l'ongle sur l'ardoise, elle te vrille l'oreille, s'attaque à tes défenses les plus intimes. Tu la sens qui tâtonne les parois de ton équilibre mental pour en déceler les moindres failles & qui s'y infiltre paresseusement. C'est désagréable, mais pas insoutenable - tu n'y prêtes pas attention. Ça te démange, comme une piqûre de moustique que tu ne serais pas en mesure d'atteindre, ça te dérange. Ca te bouscule & t'es déjà tombé, tu sombres de plus en plus bas. C'est un acouphène infernal qui augmente en intensité, comme si la chose qui te surplombe tournait lentement le bouton du volume, montant d'un cran à chaque nouvel éclat de rire. T'as envie d'hurler une nouvelle fois mais à quoi bon ? Personne ne t'entendra personne ne viendra te chercher personne ne te sauvera, encore une fois c'est un duel avec le diable lui-même que tu es en train de perdre ; tu tousses, et la saveur âcre du sang se répand sous ta langue à t'en donner la nausée. Ton corps tout entier se contracte & un instant tu crains de te mettre à vomir & c'est une idée idiote parce que ton agresseur n'en a certainement que faire. Tu le supplies de s'en aller comme un enfant qui chercherait à chasser le loup-garou qu'il croit caché dans son placard - mais tes monstres à toi sont biens réels, ils te traquent & te déchirent, se délectant de tes gémissements les plus pitoyables. Tu trembles & un instant tu te risques à fermer les yeux, comme dans l'espoir qu'à l'instant où tu les ouvrirais à nouveau l'homme serait parti - mais tu sais bien que non, tu es trop lucide pour t'abandonner à des illusions aussi puériles. Mieux vaut affronter la laideur que de vivre dans le noir.

Que je m’en aille ? Allons, c’est comme ça que t’accueilles un vieux pote de lycée, Bobby ? T'essayes d'avaler ta salive mais l'angoisse obstrue ta trachée et ne fait qu'accentuer ta panique - tu es secoué d'un long frisson, interrompu par une nouvelle salve de douleur au niveau de tes tempes. T’es capable de te soigner, c’est ça ? Tu sais mon p’tit Bobby, moi j’aime pas ce genre de truc. Tu réalises à peine trop tard que tu faisais erreur, que la créature qui s'attaque à toi cette fois-ci est bien différente de celles que tu as l'habitude d'affronter - il ne s'attendait clairement pas à ce que tu te régénères, et de fait, t'a tiré dessus dans l'intention de te tuer. Tu cherches à nouveau à te débattre, mais toute ton énergie est absorbée par la plaie qui se cicatrise tout juste. T’AS MEME PAS LE DROIT DE BUTER QUELQU’UN QUAND T’EN A ENVIE. Non, vraiment Bobby. J’aime pas du tout ça. Un poids s'abat brutalement sur ton abdomen et tu laisses échapper un cri d'animal blessé, toujours à moitié sonné. Tu as l'impression d'avoir atterri en plein cauchemar & pourtant le moindre de tes sens est en éveil & la douleur est là, trop réelle pour que ton esprit torturé ait pu la simuler. A ta gauche, le son bien trop familier de la porcelaine qu'on brise résonne - et tu n'es plus certain d'être réellement conscient parce que tu as déjà vécu ça et que tu ne sais plus où tu es tu ne sais pas tu perds le contrôle ça retentit juste là & ça réveille tes fantômes. Tu les entends, Sora ? Ecoute mieux.

Sora, t'en feras jamais un amoureux transi et comblé. T'en feras un monstre ou un cadavre, comme pour tous les autres. Et si je t'ouvrais, que je te retirais un rein et que je te le donnerais dans tes mains, est-ce qu'il repousserait ? Si tu arrêtes pas de chialer, je vais te donner une bonne raison de le faire, sale merdeux. Si je continue je vais le tuer. Mais qu'il est bon ce fils de pute.

Tu protestes faiblement lorsque l'intrus s'installe sur toi - il ne rit plus, mais cette abominable mélodie de dégénérescence morale est déjà gravée dans ton esprit malléable de pauvre gosse qu'on a trop abîmé. Il agrippe ta chevelure en bataille, dans une imitation parfaite du geste de la bête d'Eldorado, juste avant de planter ses crocs dans ta chair & tu voudrais le repousser mais tes muscles ne répondent plus. Le froid de la lame contre ta pomme d'Adam est presque libérateur ; une seconde tu te dis que t'aimerais qu'il t'achève vite pour ne plus avoir mal pour ne plus vivre dans l'attente du coup suivant pour faire taire tous ces échos qui t'harcèlent & te poursuivent, tu rêves d'une fin propre & rapide. Mais tu ne peux pas, tu as promis d'être fort - tu ne peux pas laisser Sébastien tu n'as pas le droit tu as juré. Tout va bien, Sora. Je vais prendre soin de toi. Je ne laisserai plus personne te faire de mal. Tu n'es pas un monstre, tu comprends ? Tu n'es pas un monstre. Vas-y, suicide-toi. Les intonations habituellement si rassurantes de ton amant se mêlent à toutes les autres, parées des accents gelés des premières semaines, de cette époque que tu commençais tout juste à oublier. Tu es si pathétique. Il est beau le petit héros, heh. T’as peut-être raison Brandon, je suis peut-être un grand malade. HAHAHA. Mais la faute à quoi, la faute à qui ? Tu ne sais pas. Tu n'as pas envie d'y penser, tu n'y arrives plus. Tu veux mon avis, Lucien ? Le malade, c’est le système. Le système qui fait de nous ses pantins, qui nous impose des règles à suivre. Le monde est malade. Mais à la place, on dit que c’est nous les fous. T’y crois ça ? T’y crois ? La lame se plante dans ton épaule, s'enfonce un peu plus à chaque nouvelle syllabe. Tes supplications sont muettes, étouffées par la douleur. C’EST ÉNERVANT TU TROUVES PAS ? RÉPOND MOI BRANDON. C’EST PAS ÉNERVANT ? On est des survivants, Sora. On va gagner. Tu es en sueur & pourtant tu es mort de froid - ou peut-être bien que tu es mort tout court & que c'est ça, l'enfer, peut-être bien que tu payes enfin pour tout ce dont tu as été rendu responsable. Tout est si flou, oppressant - tu suffoques, asphyxié par son discours & étranglé par l'effroi grandissant qui désormais te régit totalement. Regarde-moi dans les yeux, Sora Kitsue. T’as jamais eu envie de voir ce monde brûler ?

Il connait ton nom ; ce constat est une allumette qu'on jetterait au beau milieu d'une mare d'essence imaginaire & soudain tu te tiens au milieu d'un bûcher que tu ne connais que trop bien. Les flammes lèchent tes vêtements, caressent ta peau noircie par les cendres ; tu tousses encore une fois, comme si la fumée emplissait de nouveau tes poumons. Tu le sens encore - le parfum abominable de la chair carbonisée, tu le sens, juste ici. Alors, Sora, si tu te complais déjà dans l'idée de brûler des corps, pourquoi pas le monde ? C'est trop tard, regarde-toi. C'est trop tard. Laisse-moi formuler ça autrement. Est-ce que tu veux sauver les fous que nous sommes ? Tes pupilles dilatées par la peur sont plantées dans les siennes ; tu n'arrives pas à déterminer si ses iris sont rouges, jaunes, verts, noirs, tu ne vois rien sinon l'éclat presque démoniaque qui rend ce visage si inhumain. Tu lèves une main incertaine jusqu'au poignet du monstre, essayant vainement de l'écarter de toi - tu en es incapable. Tu luttes sur trop de fronts en même temps, soldat déjà condamné depuis l'annonce même du combat. Tu assisteras à sa chute aussi bien qu'à son apogée. Tu ne le préserves en rien, Sébastien. Tu le détruis.

"- Je. Dis-lui que t'es pas comme lui. Dis-lui que t'es pas comme ça. Non, il n'est pas comme ça en effet. C'est ta faute s'il l'est devenu. T'es pas comme ça Sora, arrête. Arrête. T'es pas un monstre. Il a l'air si heureux d'être devenu comme toi. T'en feras un monstre. Non. Non ! Tu geins de nouveau, te tordant comme un ver aveugle dans l'espoir de te dégager de son étreinte. Arrêtez. Arrête, laisse-moi. Laissez-moi, je vous en prie. T'es fort, Sora. Bats-toi. Laissez-moi tranquille. Je veux pas. Je. Tu pleures, à présent - des larmes d'impuissance & de douleur dégoulinent sur tes joues. Tu as l'impression qu'une main invisible t'entraîne dans un gouffre, inexorablement. Et que tu ne verras plus jamais la lumière. Jamais. Je sais pas. Je sais pas. Arrêtez ! Si tu sais, Sora, tu sais très bien. Ils veulent tous te détruire, tu sais. Tous. C'est toi contre le monde. C'est nous. Je suis là, Sora. Je t'aime. Je t'aime. Crève. Crève, putain de môme. Arrêtez..."

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Dim 10 Aoû - 15:49


FEAT. SORA KITSUE
1461 MOTS

You'd be lost without me.


Tu regardais ce gamin faible, un peu stupide ou peut-être trop conscient, te supplier d’arrêter. Arrêtez. Arrêtez… Et à chaque fois que sa voix s’étouffait dans une nouvelle supplication, ton envie de le pousser dans le gouffre de la folie devenait plus grande. Un gamin capable de se régénérer de trois balles dans l’abdomen en quelques secondes, mais incapable de se protéger de tes mots, de tes idées, de ta folie. C’est comme si tu t’amusais à percer son crâne pour enfoncer un tube dans son cerveau pour ensuite y faire couler de l’essence et foutre le feu sur les paroles qui avaient fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. Et tu le savais maintenant, tu en étais sûr, ce gamin avait besoin de toi. Car tu es la goutte d’anarchie dont Tokyo avait besoin, dont ces petites mentalités avaient besoin pour quitter ce coma artificiel dans lequel ce système trop douillet les avaient tous plongés. Tu n’es rien sans eux, mais ils ne sont rien sans toi. Tu riais à t’en casser la voix, car il cherchait des réponses à des questions qui n’existaient même pas. Parce que les questions que tu lui avais posées n’étaient pas des vrais questions. Parce que tu n’es rien de plus que le macabre bouffon qui vient annoncer à son roi que son royaume prend l’eau, que ses soldats se sont convertis au bouddhisme, que les serfs ont gagné au loto et abandonné les champs. Et le roi ne peut entendre ça que du bouffon, que du clown, que de son pitre. Car c’est la seule personne capable de le faire rire de lui-même.

Et tu le laissais regarder tes yeux, tes deux pupilles figées. Les yeux de quelqu’un qui hait tout, tout le monde, tout le temps, sans la moindre hésitation dans ton regard. Les anarchistes se sont convertis au système, les justiciers se sont encroutés, les soldats ont troqué leurs fusils pour des fleurs et les politicien la dignité pour le pouvoir et l’argent. Et toi, qu’est-ce que tu étais dans tout ça ? Le petit fil rouge, fil conducteur de la bombe à retardement qui allait exploser dans Tokyo et salir les petits draps blanc de mamie Jacqueline et le poste de télévision de pépé Antoine. Parce qu’on te qualifie de fou, mais que tu étais sûrement la personne la plus lucide dans ce monde de fou. Parce que quand eux ils bavent devant un poste de télévision abrutissant qui leurs fait comprendre par le biais des journalistes que leur misérable vie ne sera jamais meilleure et qu’il voulait mieux tourner le bouton du volume pour entendre la discorde plus distinctement, toi. Toi. Toi tu baissais le volume, toi tu changeais la chaîne. Non, mieux. Toi, tu faisais ta propre émission. Parce que si les codes moralisateurs ne te conviennent plus, tu les balaierais comme un château de carte. Parce que c’est ce que l’humanité est, un château de carte. Mais ces abrutis mondains, ces décérébrés, trop enfermé dans une idée de révolte alors qu’ils empruntent un chemin balisé, ne regardent que le haut du château et constatent qu’ils sont bien trop petit pour retirer la plus haute carte et abandonnent, toi. Toi. Toi tu souffles les fondations et regarde le château branlant s’effondrer dans une valse enchanté par ton rire frénétique. Et ce soir tu commences avec une des cartes du fond, avec Sora Kitsue.

Un gamin qui n’a pas eu de chance, manipulé par l’être qu’il aimait et qu’il aime encore aujourd’hui, avec qui il partage même sa vie. Ô oui, tu connais ce garçon. Ce tout petit garçon avec un tout petit monde dont tu as fait le tour tellement vite que tu t’es permis d’en changer le décor. Tu connais jusqu’à sa marque de savon, ses t-shirt, la cire qu’il utilise pour ses chaussures, le nombre de fois où il s’est retrouvé à empoigné l’intimité de son amant. Parce qu’en un regard, tu as compris tout ça, tu as su tout ça. Finalement il te traite de monstre, mais n’est-il pas similaire à toi ? Toi le clown qui fait semblant de tout savoir et de t’en amuser alors qu’au final, tu ne sais rien. Et c’est peut-être ça ton plus gros problème, tu ne sais rien et cette ignorance te pousse à déchirer les pages de ce livre que tu ne comprends pas, que tu ne veux pas comprendre parce que c’est toujours plus simple de regarder la couverture et essayer de deviner l’histoire. Et même si c’est pas plus simple, c’est toujours plus rigolo, HAHAHA. ─ TU VOIS. TU NE COMPRENDS PAS FELICIEN. TU NE COMPRENDS TOUJOURS PAS. DONC TU PLEURES. Les larmes c’est juste un moyen pour nous, les humains, de laver nos joues du mensonge et de l’hypocrisie à laquelle on est quotidiennement exposé. Ça fait de nous des victimes, mon petit Felicien. Quand j’ai compris ça, j’ai plus voulu être une victime moi ! J’ai plus voulu pleurer ! ALORS TU SAIS CE QUE J’AI FAIS ? J’ai pris un cutter, j’me le suis mis dans la bouche et FWING. JE ME SUIS DESSINE UN BEAU SOURIRE. ET DEPUIS, JE RIGOLE TOUJOURS. HAHAHA.

Pour le mettre un peu plus dans l’ambiance, tu enfournais ta lame dans la bouche de Sora et la glissa jusqu’à la commissure de ses lèvres. Peut-être que lui aussi, tu devrais lui dessiner un beau sourire pour le rendre heureux pour toujours. Finalement, tu retiras lentement ta lame de sa bouche, suivi d’un « tututu », approchant à nouveau tes lèvres de son front pour y déposer un second baiser sans la moindre affection, simplement pour qu’il sente les cicatrices au coin de tes lèvres. Et tu le gardais sous ton emprise, sous ton contrôle. Il n’est pas simple ton jouet, c’est aussi un élément important d’un plan de grande envergure qui permettra à tout Tokyo de non pas connaitre ton nom, mais de connaitre le véritable chaos. Le chaos qui ne laisse place à aucune vengeance, car il n’est dicté par aucun idéal et aucun objectif. Le vrai chaos. ─ Alors ne pleure plus, ne sois plus une victime. Ce n’est pas les larmes qui marquent l’histoire, tu sais. Est-ce que tu sais combien de fois Napoléon a pleuré ? Bien sûr que non, gros bêta. PARCE QUE NOUS, TOUT CE QUI NOUS INTERESSE, C’EST DE SAVOIR COMIEN DE FOIS IL A VERSE LE SANG POUR DEVENIR CE PETIT NAIN DONT TOUS LES LIVRES D’HISTOIRE PARLE. Si tu veux marquer l’histoire, tu devrais te foutre une ceinture d’explosifs autour de la taille et EXPLOSER DANS UN CENTRE COMMERCIAL. Là au moins, tu ferais l’20 heures ! KAHAHA.

Tu arrêtes de rire un instant et t’écartes de lui, pour qu’il puisse voir l’intégralité de ton visage. Tu lâches ta lame au sol et te relève, lâchant donc l’emprise que tu avais sur sa tête. Tu baisses les yeux pour continuer à te fixer et lève finalement la tête vers le plafond pour lui cacher ton visage et englober la pièce de ta voix sordidement enthousiaste, les bras écartés comme si tu t’adressais à un public. ─ Tu penses que je suis fou, hein ? Alors je vais t’en raconter une bonne, Simone. HAHA. Donc c’est l’histoire d’un mec, le mec on va dire que son nom c’est… Danny. Alors Danny il était tranquillement chez lui, on va dire qu’il regardait la télé. Quand soudain à une heure improbable, y’a quelqu’un qui sonne à sa porte. Alors Danny, tout bougon, il va ouvrir la porte et se demander qui est-ce qui vient le faire chier à cette heure. Et là BAM BAM BAM, Danny prend trois balles dans l’abdomen !  Alors Danny il se roule par terre, il pleure, il regarde le clown qui lui a mis les trois balles et il demande « pourquoi ? ». Pourquoi ? Là, le clown s’approche de lui. Toujours avec ce sourire malsain, tu abaissais à nouveau ton visage obscurcis par l’ombre de la pièce, tes yeux brillant d’un éclat malade. ─ Le clown retire son maquillage et c’est avec stupeur que Danny se rend compte que sous le maquillage du clown, c’est son visage qu’il voit. Tu vois ce que je veux dire, Sora Kitsue ? Toi et moi, on n’est pas si différent. Si jamais t’avais eu mon passé, peut-être que ce soir, c’est toi qui serait me foutre trois balles dans l’abdomen et t’en aurais rien à foutre que je sois capable de me régénérer ou pas. Alors, je t’aurais traité de fou et tu m’aurais répondu « non, je ne suis pas fou. Toi et moi, on est exactement pareil. ». Parce que Néron et Sora, ils veulent la même chose nan ? Voir le monde brûler, petite canaille.
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CITATION : Il s'avança vers les tourteaux et posa une feuille ainsi qu'un stylo sur la table face au canapé.
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FEAT : eren jaeger
CRÉDIT : matt
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Jeu 14 Aoû - 18:38



we all deserve to die
DIFFERENT TRAINS • Malgré la pénombre, tu discernes de plus en plus nettement le visage monstrueux de ton agresseur. Ses traits émaciés sont anguleux, saillants ; tu as presque l'impression que tu pourrais te couper si dans un élan de folie tu t'autorisais à les effleurer. Il pourrait avoir vingt ans comme cinquante, peut-être plus encore tu ne sais pas tu n'en sais rien - la pâleur morbide de sa peau, enduite d'une couche épaisse de maquillage, tranche dans l'obscurité qui en définitive abritait bien plus d'un prédateur. Dans ses yeux à l'éclat presque criard, tu devines le reflet de tes vices les plus secrets ; tu lis la peur, la haine & surtout l'envie, la jalousie putride qu'au fond tu n'as jamais cessé d'éprouver. Tu lis dans ce regard démentiel qu'en dépit de tous tes efforts tu n'auras pas droit à ta jolie petite fin bête & heureuse dans un village calme où personne ne te connaîtrait, que tu as bien trop souvent goûté au sang pour en oublier la saveur. Et surtout, il y a cet ersatz de sourire : une entaille un peu plus béante que les autres, ensanglantée, peinte de rouge & de cette dérision amère dont font preuve les génies et les plus grands malades.

Fais tes adieux, Sora. Aujourd'hui, tu es celui qui part.
Tu n'es plus qu'un pantin que l'on s'amuse à briser dans un ultime jeu, un peu plus adulte que les autres & surtout plus destructeur - on tiraille sur tes souvenirs, puise dans tes traumatismes, ébranle l'équilibre que tu as eu tant de mal à retrouver. On remue cent fois le couteau dans ces plaies trop intimes que tu pensais cicatrisées depuis longtemps et tu as mal à en crever mais après tout, qu'importe ? Tu es le garçon qui survit à tout ; pourquoi t'épargner dans ces conditions ? On t'a depuis longtemps retiré le peu d'humanité qu'il te restait - désormais, tu n'es plus qu'un corps trop souvent dénaturé par la cruauté de ceux qui pourtant te sont tellement semblables. Unis par les gênes ; désunis par la violence.

Le processus s'enclenche dans un grincement dérangeant que tu es le seul à entendre, immédiatement couvert par un milliers de voix qui gagnent en intensité alors que toi, tu perds le contrôle. Les fantômes hurlent à t'en rendre sourd, exorcisent tes bons sentiments ; tu voudrais qu'ils se taisent tu voudrais qu'ils s'en aillent tu voudrais mourir enfin, attraper le revolver abandonné par ton interlocuteur & cribler ta cervelle de plomb. TU VOIS. TU NE COMPRENDS PAS FELICIEN. TU NE COMPRENDS TOUJOURS PAS. DONC TU PLEURES. Putain, le gosse chiale encore. Arrête, tout va bien, je suis là. Ça fait de nous des victimes, mon petit Felicien. Tes sanglots redoublent d'ardeur - tu as l'impression de t'être involontairement glissé dans une toute petite boîte dont Néron serait en train de clouer le couvercle. Tu gigotes, tu gémis, tu supplies qu'on te libère ; tu réalises à peine trop tard que c'est dans ton propre cercueil que la chose t'emprisonne & que ces parois psychologiques seront ta dernière demeure. Tu t'emmêles dans ces identités contradictoires, peinant l'espace d'une seconde à retrouver ton propre prénom. Sora. Je t'aime, Sora. Regarde-moi. Je suis amoureux de toi. Sora, arrête de pleurer, TU NE COMPRENDS PAS, DONC TU PLEURES. On va gagner. Je ne te ferai plus jamais de mal. JE ME SUIS DESSINE UN BEAU SOURIRE. ET DEPUIS, JE RIGOLE TOUJOURS. La morsure glacée du métal s'insinue entre tes lèvres tremblantes et une seconde tu te dis qu'il a peut-être raison & qu'un masque de bonheur est préférable au désespoir qui t'est familier. Tu ne résistes pas - tu fixes le profil aquilin qui ne cesse de changer. Le clown s'efface, laissant place à ton père, à ton amant, à Arisa, à James, à Kyo. Tu te laisses bercer par la valse des souvenirs, rassuré par ces présences ; il suffirait que tu tendes la main pour les toucher. Le baiser que l'on - tu ne sais pas qui tu ne sais plus tu n'as pas envie de savoir - dépose sur ton front te parait plus doux que le précédent - l'atmosphère est si lourde, oppressante. Alors ne pleure plus, ne sois plus une victime. Tu n'es pas une victime. Tu es meilleur qu'eux. Tes paupières s'abaissent enfin & le discours qui une minute plus tôt te paralysait te paraît soudain terriblement raisonnable - après tout, qu'as-tu à y perdre ? Il est beau le petit héros.  Si tu veux marquer l’histoire, tu devrais te foutre une ceinture d’explosifs autour de la taille et EXPLOSER DANS UN CENTRE COMMERCIAL.

Il rit encore & tu commences à te demander pourquoi est-ce que tu pleures au lieu d'accompagner son hilarité ; puis ton abdomen se contracte dans une nouvelle vague de douleur & tu replonges dans l'abîme, la pulsation irrégulière qui cogne à l'arrière de ton crâne se faisant plus véhémente, insistante. Il s'est levé : tu le vois à nouveau. Transformé par son assurance & ta propre angoisse, il te paraît gigantesque - il écarte théâtralement les bras, comme pour embrasser d'une étreinte la scène cauchemardesque qui tient place à ses pieds. C'est un spectacle dont tu es à la fois acteur & spectateur et dont il récite le texte pour deux alors que tu t'appliques à oublier ton rôle ; tu te perds dans les multiples dimensions de cette comédie cruelle, tu t'égares. Donc c’est l’histoire d’un mec, le mec on va dire que son nom c’est… Danny. BAM BAM BAM, Danny prend trois balles dans l’abdomen !  Alors Danny il se roule par terre, il pleure, il regarde le clown qui lui a mis les trois balles et il demande « pourquoi ? ». Pourquoi ? Là, le clown s’approche de lui. Tu te dis que ce pauvre Danny n'en méritait certainement pas tant - et puis tu réalises que ce type pitoyable qui baigne dans son propre sang, c'est toi. Tu vois ce que je veux dire, Sora Kitsue ? Toi et moi, on n’est pas si différent. T'es pas un monstre. T'es un monstre, regarde-toi. Alors comme ça tu peux te soigner, hein ? C'est dégueulasse. C'est anormal. On devrait buter les mecs comme toi. Parce que Néron et Sora, ils veulent la même chose nan ? Voir le monde brûler, petite canaille. Ton monde à toi a brûlé depuis longtemps : tu y as mis le feu toi-même, il y a six mois de ça & depuis tu te consumes, depuis tu tombes en cendres & tu voles en éclats depuis tu n'es plus rien. Tu n'es plus rien, t'es bon à rien, autant te tirer une balle tout de suite.

"- Faites-les taire, supplies-tu dans un murmure. Tu te redresses péniblement, pris de vertige, tes doigts crispés sur le carrelage alors que tu te recroquevilles contre le mur éclaboussé de tâches immondes. Je suis pas un monstre. Tu secoues la tête lentement, secoué par un interminable frisson. Tes yeux écarquillés sont fixés sur un point que tu es seul à voir & tes mains se resserrent autour de tes genoux, comme tu le faisais autrefois quand tu étais effrayé à l'idée d'encaisser un coup supplémentaire. Je suis pas un monstre. Je suis pas comme ça. Si tu ne te bats pas, tu échoueras systématiquement. C'est mathématique. Faites-les taire, je peux plus. Tu gémis, t'agrippant d'une poigne enfantine aux vêtements de ton interlocuteur - tu n'es pas seul, puisqu'il est avec toi. Puisqu'il veut exactement la même chose. Allons, Sora, lève la tête ; il ne peut plus rien t'arriver. Pourquoi tu pleures ? J'en ai assez ! ASSEZ !"

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Dim 17 Aoû - 21:23


FEAT. SORA KITSUE
1294 MOTS

C’est amusant de voir comme les humains pouvaient être complexes. Tu en avais la preuve juste devant toi avec ce garçon dont l’esprit avait commencé à se tordre et à prendre cette forme hideuse propre à ceux qu’on nomme « les fous ». Après tout, qu’est-ce que tu avais de plus que de l’exposer à ton pouvoir pendant quelques minutes et lui avoir vomis quelques discours qui n’avaient sûrement pas le moindre sens dans ton esprit comme dans le sien ? Tu te faisais passer pour le dramaturge d’une pièce macabre mettant en scène un jeune garçon baignant dans son sang se faisant laver le cerveau par quelqu’un qui devrait, en l’occurrence, se laver le visage. Mais tu n’es en rien l’auteur de cette pièce, pour preuve tu n’en connais même pas le scénario. Tu es un acteur. L’auteur, c’est Sora Kitsue lui-même. Car ton pouvoir n’est pas un effet stable, il est changeant en fonction des personnes. Tu pouvais rendre quelqu’un suicidaire, hargneux, extrêmement violent ou tout simplement instable mentalement. Au même titre, l’effet en lui-même n’était pas définitif. Tu ne faisais que donner un petit coup de pouce à ses réflexions, tu n’étais qu’une bourrasque de vent qui l’envoyait dans un profond gouffre de démence et de violence. Il ne tient qu’à lui de décider comment il allait vivre cette chute, comment est-ce qu’elle l’amener à l’inévitable chute. Car si tu ne connais pas à l’avance sa réaction pendant la chute, tu sais très bien qu’il va finir par s’écraser au sol et devenir un article en plus dans la rubrique des chiens écrasés. Tu le sais car c’est aussi le destin qui t’attends et tu en es parfaitement conscient.

Tu écoutais ses complaintes sans un bruit, alors qu’il s’accrochait avec un geste enfantin à tes vêtements. Tu ne parlais pas, tu ne riais plus. Ta présence jusqu’alors si écrasante et emplissant complètement la pièce était proche de celle d’un fantôme. C’est comme si tu n’existais plus et pourtant, tu es toujours là. Il voulait que tu fasses taire ces voix ? Il voulait que tu arrêtes quoi, au juste ? Il voulait que tu arrêtes le monde de considérer les gens comme lui, comme toi, vous comme des existences nocives ? Bien sûr que non, le système vous fera disparaitre quand il en aura l’occasion, car il est un ordre absolu. Une pieuvre répugnante capable de s’arracher les tentacules comme si de rien n’était, juste parce qu’elles sont gênantes. Et cette pieuvre gigantesque a tellement de tentacules que si elle venait à vous arracher, elle serait même capable de le faire sans faire exprès. Toi, tu proposais à Sora d’être plus qu’un simple tentacule. Plus qu’un simple membre contaminé qu’on tranche pour éviter la propagation de la maladie. Tu lui propose de devenir un tentacule qui gratte, qui gratte tellement, qui fait tellement souffrir que même l’organisme géant qui vous abrite sera incapable de t’ignorer et en viendra à se mener à sa propre perte.

Finalement, le fantôme redevint le clown avec un rire détruisant à nouveau tout l’ordre qu’il avait essayé d’établir avec son silence. ─ OH PITIE ARRÊTE UN PEU AVEC CA. Un monstre ? Qu’est-ce que c’est, ça ? C’est ce que tu penses être ou alors c’est ce qu’on t’a dit que c’était ? QUI EST LE MEC QUI A POSE SES YEUX SUR MOI ET AVEC UNE AUTORITE DIVINE, DIT QUE NERON ETAIT FOU ? Sauf mon psychiatre, bien entendu. Suis-je vraiment fou et dangereux parce que je pense différemment des autres ? Non, je suis simplement… Dangereux. Dangereux parce que si être contre ce système hideux ça se résume à être fou, c’est probablement ce que je suis. D’un geste rapide, tu romps le contact que le gamin avait établi avec toi physiquement. Ta démarche ridicule et ton rire bruyant donnait à cette scène une allure de comédie glauque où tu interprétais le rôle d’un bourreau fou essayant de rendre sa victime aussi folle qu’elle avant de lui porter le coup de grâce, mais tout ceci n’était qu’un jeu.

─ Faire taire quoi au juste, Billy ? Ces gens qui nous traitent comme des éléments perturbateurs tout simplement parce qu’on refuse de porter une laisse et se laisser promener ? Si tu as été capable d’être aveugle pendant aussi longtemps, pourquoi t’es pas foutu de devenir sourd aussi ? AH JE SAIS ! C’est peut-être parce que t’as besoin d’une voix pour te guider, te donner un but parce que t’es pas suffisamment intelligent pour imposer ta propre vision de ce que devrais être ce monde ou à quoi il devrait ressembler ? OU PEUT-ÊTRE QUE T’AS JUSTE PAS SUFFISAMMENT DE BURNES. C’EST VRAI QUE T’AS PAS L’AIR SUPER À L’ETROIT DANS TON PANTALON BAS DE GAMME. Après avoir effectué un habile moulin avec ton couteau, tu te baisse pour attraper le gamin par le col de son haut et le forcer à se relever, profitant de l’avantage de ta taille et de ta force pour le relever d’un mouvement brusque. Malgré ton allure fébrile, tu avais plutôt pas mal de force. Sûrement le fait que tu sois incapable de doser ta force y était pour quelque chose. Tu avais toujours été comme ça, incapable de maîtriser tes actions car l’excitation avait un très mauvais effet sur toi. Cette adrénaline, ce rire, ça te rendait fou plus que n’importe qui. Et y’avait rien qui te faisait plus tripé que d’éventrer un type juste parce que ça te permet de faire une blague derrière.

Tu te mordais la lèvre inférieur jusqu’au sang. Tu fais pas dans la dentelle en général, mais avoir ce genre de punching ball qui se régénérait de lui-même, c’était le genre de nouveauté qui t’amusais. Et si tu t’écoutais, tu serais capable de lui bouffer le cou juste pour pouvoir lui arracher la tête et voir si c’est sa tête qui allait lui faire pousser un nouveau corps ou si c’était son corps qui allait faire pousser une nouvelle tête. Néanmoins, tu devais te contrôler. Sora occupe une place plus importante que ce que tu pouvais laisser paraitre, dans ton plan. ─ MAIS TU ME CONNAIS MAINTENANT, MON GAILLARD. TU SAIS QUE JE SUIS UN MEC PLUTÔT SYMPA ET ALTRUISTE. Alors, j’vais t’aider à être un peu moins la merde qui chiale après s’être pris seulement trois balles dans l’abdomen et à devenir un peu plus un mec qui viril qui sent la transpiration et qui kiffe le catch. J’VAIS TE PROPOSER UN PETIT MARCHE, HIHIHI. On est d’accord que c’est inutile de garder les trucs qu’on utilise pas, hein ? C’est pour ça que j’ai balancé ma télé dans la gueule de ma femme. DONC JE VAIS TE RENDRE MOINS LOURD. Vu que t’as décidé de rester aveugle, mais de continuer à écouter ce que tout le monde te dit, t’as besoin de tes oreilles. MAIS PAS DE TES BURNES. J’voudrais pas que tu commences à te reproduire et continuer à faire des chiens pour la société, alors j’vais te les couper. Oui, t’as bien entendu Lionel, j’vais te couper les couilles. HAHA. MAIS. Tu peux décider d’ouvrir les yeux et d’arrêter d’écouter tout ce qu’on te raconte. Et à ce moment-là, t’auras plus besoin de ces oreilles encrassées par des mensonges et toute la merde qu’on t’a balancé. Alors, je te couperais les oreilles et pas tes bourses. C’est à toi de décider de quoi t’as besoin.

Et pourtant, bien que tu te comportes comme un sauveur cherchant à lui apporter la liberté, tu l’enfermais un peu plus dans cette cage dont tu étais le seul à détenir la clé. De toute façon, il est déjà sous ton contrôle, depuis qu’il t’a ouvert la porte et a regardé ton sourire.
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CITATION : Il s'avança vers les tourteaux et posa une feuille ainsi qu'un stylo sur la table face au canapé.
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Ven 22 Aoû - 23:08



we all deserve to die
DIFFERENT TRAINS • Tu es loin de te douter qu'à l'instant précis où tu ouvres les yeux pour dévisager ton agresseur, ceux de ton amant se ferment définitivement. Si tu avais conscience de l'abominable réalité, peut-être que tu lutterais avec plus d'ardeur contre l'emprise pernicieuse du monstre sur ce qu'il reste de ton âme - mais recroquevillé comme un enfant qui cherche à se protéger de coups qui ne viendront plus, tu ne résistes qu'à peine, conforté dans ta position de misérable petite victime par l'idée trop optimiste que Sébastien ne tardera plus à venir te sauver. Ce que tu ne sais pas, c'est qu'il ne rentrera pas ce soir, qu'il ne franchira plus le seuil de cette maison étriquée qui était devenue la votre ; ce que tu ne sais pas, c'est qu'alors même que tu pleures & que tu hurles & que tu t'enfonces inexorablement dans ta propre médiocrité, cet homme que tu as tant aimé se vide de son sang sur le bitume. Déjà, les ambulances se hâtent et les badauds s'attroupent autour du corps meurtri, déshonoré, dénaturé & à présent inerte de l'ancien soldat - si tu tendais l'oreille, peut-être que tu serais en mesure d'entendre les sirènes qui sonnent le glas de ce quotidien adorable qu'il t'a été si difficile de construire. Tu as tout abandonné, pourtant : famille, amis, loyauté, orgueil. Tu as tout donné, & demain, quand l'hôpital retrouvera ton numéro de téléphone dans le répertoire de ton fiancé, tu apprendras que parfois tout n'est pas suffisant. Il suffira d'un instant & de quelques mots prononcés d'un ton faussement compatissant pour anéantir ta petite existence d'adolescent qui croyait que rien de pire ne pouvait lui arriver ; et c'est quand tu t'effondreras une fois de plus, les jambes tremblantes & la gorge nouée, que tu réaliseras que tu es seul au monde. Il n'y aura personne d'autre que toi à l'enterrement, personne d'autre que toi pour entretenir la tombe, personne d'autre que toi pour porter ce deuil qui quelque part, sera aussi le tien. Personne d'autre que toi pour te souvenir du rythme auquel battait son cœur dans le silence de la nuit, personne d'autre que toi pour te retourner dans ton lit trop grand pour une seule personne dans l'espoir d'y trouver sa chaleur désormais absente, personne d'autre que toi pour pleurer encore & encore cet homme que Tokyo toute entière haïssait.

Je ne te laisserai jamais. Tu ne seras plus jamais seul. Je vais te protéger. Tout ira bien. Tout ira mieux. Je t'aime. Je suis amoureux de toi. Reste avec moi pour toujours. Je vais prendre soin de toi. On perdra pas, je te promets. C'est nous contre le monde.

Tu es peut-être un survivant, Sora. Mais tu n'as rien d'un vainqueur.
Aujourd'hui, ce sont les ténèbres qui gagnent.

•••
OH PITIE ARRÊTE UN PEU AVEC CA, éructe-t-il avec un certain mépris. Et d'un côté, il n'a pas tort : à quoi bon continuer à pleurnicher sur ton sort ? Les voix ne se tairont plus & bientôt, tu prendras goût à leur présence parce qu'elles seront tes uniques compagnes, tu apprécieras ces murmures parce qu'ils seront l'écho de ces disparus chers à ton cœur que plus jamais tu ne reverras ; ton affliction deviendra ta seule échappatoire hors des enfers, alors pourquoi ne pas t'y abandonner ? Lâche prise. Tombe : tu seras bien mieux au fond du gouffre qu'à te déchaîner pour garder ta tête vide hors de l'eau. Si tu as été capable d’être aveugle pendant aussi longtemps, pourquoi t’es pas foutu de devenir sourd aussi ? AH JE SAIS ! C’est peut-être parce que t’as besoin d’une voix pour te guider, te donner un but parce que t’es pas suffisamment intelligent pour imposer ta propre vision de ce que devrais être ce monde ou à quoi il devrait ressembler ? Il te repousse, agrippe le col de ta chemise, te soulève avec autant de facilité que si tu avais été un jouet - et peut-être que c'est exactement ce que tu es, un pantin abîmé par les représentations, désarticulé & désincarné. Il rit encore, ses gloussements de plus en plus hystériques emplissant tout le vestibule. Face à sa silhouette, trop haute & biscornue, tu parais désagréablement chétif ; pâle, terrifié, déjà ailleurs. Tes protestations meurent sur tes lèvres alors que tu es pendu aux siennes, t'abreuvant de ces paroles qui se répercutent dans ton esprit torturé parce que c'est vrai, après tout, il a raison. Tu trembles et tu tangues, glissant sur la flaque de sang qui coagule déjà à tes pieds. J’VAIS TE PROPOSER UN PETIT MARCHE, HIHIHI. On est d’accord que c’est inutile de garder les trucs qu’on utilise pas, hein ? Tu te débats faiblement, mais tu te sens épuisé ; les spectres hurlent, et tu ne sais plus comment cesser de les écouter - alors tu te concentres sur les intonations de Néron, tout juste plus fortes que toutes les autres. Elles te paraissent effacées, pourtant, & presque mélodieuses. Tu décroches quelques secondes, abaissant les paupières - tu as l'impression que les connectiques qui reliaient tes neurones sont en train d'exploser les uns après les autres. Oui, t’as bien entendu Lionel, j’vais te couper les couilles. HAHA. MAIS. Tu peux décider d’ouvrir les yeux et d’arrêter d’écouter tout ce qu’on te raconte. Et à ce moment-là, t’auras plus besoin de ces oreilles encrassées par des mensonges et toute la merde qu’on t’a balancé. Alors, je te couperais les oreilles et pas tes bourses. C’est à toi de décider de quoi t’as besoin.

Il y a six mois encore, tu aurais supplié que l'on t'épargne.
Mais tu ne crains plus la violence - elle te lasse, elle t'ennuie. Tu n'as plus peur qu'on t'écorche & qu'on te mutile, tu n'as plus peur d'avoir mal, comme anesthésié par les épreuves. Elles ne t'ont pas rendu plus prudent ; juste plus résistant, et quelque part, plus prétentieux. Ton instinct de conservation a été corrompu, atrophié : peut-être parce qu'à présent, tu as compris que la mort serait plus douce que cette lutte interminable pour la survie à laquelle tu prends part depuis bien trop longtemps. Alors tu ne trembles pas - tes yeux se rouvrent lentement, illuminés par tes larmes & par un éclat maladif, presque aussi malsain que celui qui fait briller les iris de ton interlocuteur. Tu souris ; de ce rictus un peu triste & mesquin que tu n'as pas eu l'occasion d'afficher depuis longtemps.  

"- Vous savez quoi ? murmures-tu d'un ton moins plaintif & plus haineux, comme rendu plus lucide par la menace. Je vous laisse choisir. Je vous laisse choisir ! Tes doigts se crispent sur son col à lui, dans une imitation parfaite de son propre geste - tu as l'air presque dément, complètement perdu. Ca cogne, encore, à l'arrière de ta tête. Ca cogne à t'en rendre fou & ça tombe bien parce que c'est exactement l'effet recherché. Lâche prise, Sora. Renonce.  Quoi que vous fassiez, ça repoussera. Ca repousse toujours, toujours. Et si j'en crève cette fois alors ce sera tant mieux, ce sera ce que vous voulez, ce qu'ils veulent TOUS !"
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Sam 23 Aoû - 10:58


FEAT. SORA KITSUE
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Le sourire de Sora venait de signaler son éveil. Ça y est, il était prêt à devenir une maladie, tout comme toi. Une des nombreuses bombes qui feraient exploser la ville corrompu que tu aimes tellement. Et pourtant, tu étais loin d’envisager l’ampleur que prendrais la folie du jeune homme une fois qu’il aura appris la mort de son bien aimé, chose que toi-même tu ne savais pas encore. En tout cas, il fera un magnifique pantin du chaos, peut-être même aussi bien que toi. Car tu n’es qu’un pantin toi aussi, qui utilise ses propres ficelles pour capturer les gens et en faire des pantins, eux aussi. Mais tu n’as rien d’un marionnettiste et de toute façon, ça t’importe très peu. Tu fais ce que tu aimes, après tout. Et voir Sora saisir ton col avec une violence et une hargne que tu n’aurais pas soupçonner chez ce garçon te fait réaliser que ta technique n’était pas une science exacte. Tu pensais en faire un zombie qui obéirait à tes ordres, qui te prendrais pour une divinité et qui exécuterais ce que tu demanderais. A la place, tu as fait une sorte de monstre que tu ne penses même pas être capable de contrôler et ça t’amuse. Ça t’amuse de te dire qu’il pourrait simplement prendre le couteau dans ta main et te l’enfoncer dans la gorge, mais que malgré tout ça il soit incapable de tout arrêter. Parce que maintenant que cette petite graine a germé dans son esprit, maintenant que son cerveau lui-même réclame la paix dans sa folie, il te suffit de lui suggérer une simple idée pour lancer le processus définitif et laisser faire la chose. Tu lâches le col du gamin, le laissant glisser dans la flaque de sang à ses pieds, bien qu’il soit toujours agrippé à ton col, t’entraînant un peu dans sa chute. ─ Tu veux la paix ? Allons Billy, tu vas pas me faire croire que t’es incapable de te donner la mort. OU ALORS, tu sais que la mort n’a rien à voir avec la paix.

Tu te débarrasse de l’emprise faible de l’ado avant de rafistoler ton col et remettre ton nœud papillon bien en place. Pour l’instant, la personne qui te fait face est faible et presque mourante, tant son esprit se retrouve dans une situation d’incompréhension. Aussi à cause de ses blessures, sûrement. Même si une blessure n’est pas mortelle car il est capable de se régénérer, il n’en reste pas moins qu’il a perdu beaucoup de sang et sûrement de l’énergie pour son pouvoir. Tu hausses les épaules. ─ TE SUICIDER ce serait comme avoir souffert pour rien, tu penses pas ? Donc tu penses quoi, que faire comme si ton sort n’avait pas d’intérêt pour toi, c’est comme te protéger d’eux ? COMME TE PROTEGER DE MOI ? Sora. Sora. Sora. Sora. Sora. Tu sais pourquoi je t’ai choisi, Sora ? Parce que tu es comme moi, tu n’es rien. Tu n’as rien. Et ça mon grand, ça fait de nous des gens qu’on ne peut pas toucher. Et maintenant que tu n’as plus peur de mourir, tu peux enfin passer à l’étape suivante. Ce monde qui nous a rendu comme ça, c’est lui le coupable de toutes nos souffrances, non ? Certainement pas ces individus qui nous ont rabaissés, oh ça non. Ils ne sont rien, eux non plus. C’est le haut du panier qui mérite de crever pour ce qu’ils ont fait, hein ? Tu vas quand même pas les laisser s’en tirer sans la moindre conséquence ? Si tu veux la paix, Sora.

Tu t’empares de ton flingue aux allures stupides, tant la longueur du canon en faisait presque une arme comique. Pourtant, ça fait déjà depuis quelques minutes que tu ne rigolais plus, non ? Et le silence avait remplacé tes rires hystériques. Pesant. « Flac », tes deux genoux se retrouvent dans la flaque de sang, à genoux devant cette dangereuse personne dont tu voulais faire un de tes acolytes. Mais tu n’avais pas l’intention de le forcer à quoi que ce soit, oh non. Il devait prendre les armes pour ta cause de son propre chef, uniquement incité par cette folie que tu avais insufflé en lui avec ton pouvoir. Au final, tu n’as fait que de donner un coup de boost à tout ça. L’équilibre mental précaire du garçon aurait de toute façon explosé au moindre pépin dans son petit monde. Tout ce que tu fais, c’est rediriger l’endroit de l’explosion pour qu’elle atteigne une cible, un but. Car cette explosion sera si belle qu’il ne faut pas la gâcher. Sora Kitsue, voici ta mauvaise journée. Toujours sans le moindre rire et cette fois-ci avec un ton plutôt grave et lourd, tu places le canon de l'arme sur ton front, avec un sourire. ─ Si tu veux une paix superficielle, tu peux me mettre une balle dans la tête et espérer que plus personne ne frappe à ta porte pour te mettre trois balles. Si tu veux une véritable paix, tu peux prendre les armes pour une cause, pour une idée, un but. Cesse d’être une victime et essaye de prendre la place du bourreau, pour une fois. Venge toi pour tout ce qu’on t’as fait et je peux t’en faire la promesse. Quand le monde brûlera enfin, je te laisserais être en paix en te noyant dans les flammes.

Est-il réellement important de préciser que le flingue est réellement chargé ?
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Mer 3 Sep - 22:37



we all deserve to die

DIFFERENT TRAINSsouviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi. le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi ! le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide. les vibrantes douleurs dans ton cœur plein d'effroi se planteront bientôt comme dans une cible ; et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde.

Tu es devenu si pâle que tu en es presque translucide ; à travers ta peau écorchée, on devine le fourmillement des veines bleutées qui s'emmêlent, le mouvement irrégulier des poumons qui se gonflent avec difficulté, le relief des os fragilisés par les carences & surtout la pulsation hypnotique du cœur qui s'essouffle. Tu n'as ni muscles, ni volonté - tout en nerfs et en illusions dérisoires, c'est un visage blême que tu approches de ton assaillant. Soumis malgré toi aux effets intimement destructeurs du flux sournois dont tu ne soupçonnes même pas l'existence, tu n'as plus ni secrets ni décence : tu es ce qu'il reste d'un homme dont on aurait ouvert le crâne afin d'en extirper le plus sensible des souvenirs, et cet exhibitionnisme émotionnel parvient, dans son tragique, à te rendre plus ridicule encore que tu ne l'étais déjà. Il suffit de gratter du bout des ongles l'épaisseur de colère qui vernit ton attitude pour mettre à nu cette fragilité détestable que tu peinais tant à cacher, faute d'être capable de consolider les fondations pourries par le temps & les injustices de ton équilibre mental. Tu es percé d'une multitude de minuscules trous invisibles - et la lumière s'échappe, volutes de vie qui déjà s'évaporent.

Tu souris, et peut-être bien que ce rictus rageur est l'expression que tu afficheras encore lorsqu'on découvrira ton cadavre, ta haine insolente crispée par la mort ; parce qu'à l'instant où tu le saisis par le col, tu as bien l'impression que tu viens de réduire drastiquement ton espérance de vie. Et pourtant, tu ne desserres pas ton étreinte, tu ne t'écartes pas, tu ne cherches pas à rattraper les paroles malheureuses qui planent dans l'atmosphère alourdie comme autant d'épées de Damoclès suspendues au-dessus de ta tête. Tu as cessé de pleurer, cédant aux suppliques & aux injonctions qui résonnent parmi le milliers d'autres voix que tu as renoncé à faire taire. Tu es si petit, si chétif - rien qu'un adolescent gauche & toujours maladroit, de ceux qui trébuchent dans les escaliers et qui ébrèchent les assiettes. Tu devrais être à l'université, entouré d'une foule de gens de ton âge qui à terme auraient certainement fini par te plaire - dans la masse, de quelques amis sans doute, qui auraient épanché leurs pitoyables peines de cœur sur ton épaule. Et surtout, de cette famille qui s'est disloquée trop tôt, de ces parents qui t'ont conditionné à l'abjecte servilité et à l'angoisse étouffante qui ne te quitte jamais & qui aujourd'hui te donne le coup de grâce.  

Tu glisses sur la flaque rouge & visqueuse qui coagule à tes pieds, t'effondrant dans un frisson. Tu veux la paix ? Allons Billy, tu vas pas me faire croire que t’es incapable de te donner la mort. OU ALORS, tu sais que la mort n’a rien à voir avec la paix. Peut-être bien que même au-delà de l'interminable agonie qu'est devenue de l'existence, tu ne trouveras que tourments & chagrins - tu sais déjà que tu es destiné aux enfers, et pour cause : tu y es déjà. Sora. Sora. Sora. Sora. Sora. Tu sais pourquoi je t’ai choisi, Sora ? Parce que tu es comme moi, tu n’es rien. Tu n’as rien. Chaque nouvel appel est un coup de couteau supplémentaire dans tes convictions - il est à genoux devant toi, il ne rit plus ; et pourtant, l'écho de ses gloussements démentiels ne cesse de se répercuter. Tu voudrais lui dire qu'il se trompe ; on t'a tant donné, tant d'amour & d'instants qui hier encore avaient la saveur de l'éternité - tu voudrais, oui, mais tu n'y parviens plus. Couvé par son regard à l'éclat désagréablement surnaturel, tu es incapable de retrouver ces misérables repères qui s'effacent dans ton brouillard psychologique. Tu vas quand même pas les laisser s’en tirer sans la moindre conséquence ? Si tu veux la paix, Sora. La paix. Juste une fois - rien qu'une.

Il saisit encore son revolver & l'espace d'une seconde tu te dis qu'en dépit de ses jolis discours c'est d'une balle dans le front qu'il t'offrira le calme idyllique dont il te fait la promotion - et non, pourtant, c'est entre ses yeux à lui qu'il place le canon de l'arme. Cesse d’être une victime et essaye de prendre la place du bourreau, pour une fois. Venge toi pour tout ce qu’on t’as fait et je peux t’en faire la promesse. Tu te paralyses, incrédule - tes lèvres frémissent, et tu recules brutalement, ton dos percutant le mur éclaboussé d'écarlate dans un bang qui retentit dans le silence. Puis tu lèves une main hésitante, attrapant lentement le pistolet comme pour laisser à ton interlocuteur l'occasion de se raviser ; aussi léger qu'un jouet & pourtant tu sens bien qu'il est chargé, qu'il suffirait que tu effleures la gâchette pour qu'un nouveau fantôme vienne rejoindre la foule spectrale qui hurle dans ta mémoire. Tu restes immobile, comme si tu réfléchissais à tout allure - et pourtant non, parce que tu ne veux plus de sang, plus d'assassinats, plus de disparitions inexpliquées dans la rubrique des journaux que personne ne lit, et pourtant non, tu ne veux pas, tu ne veux plus, tu veux la paix la paix la paix juste une fois je vous en prie je vous en prie. Peut-être bien au fond que cette guerre-là pourrait terminer toutes les autres, peut-être qu'enfin tu pourrais éteindre les lumières de ta petite chambre sans crainte qu'on se jette à ta gorge, peut-être qu'une ultime explosion suffirait à anéantir tes démons, peut-être, peut-être, sûrement. Tu ramènes le petit calibre contre ton torse, conforté par cette idée que, quelques heures auparavant à peine, tu aurais jugée complètement stupide. Il est beau, le petit héros.

"- Okay, murmures-tu en te recroquevillant de nouveau, chancelant d'un extrême à l'autre sans autre forme de procès. Okay. Okay."

Quand le monde brûlera enfin, je te laisserais être en paix en te noyant dans les flammes.
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We all deserve to die ; Sora mon petit fripon.

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